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lundi 15 août 2016

Incursion visuelle dans les fêtes religieuses d'antan


Il faut aussi des articles courts, surtout quand l'objet se suffit à lui-même : point aujourd'hui donc de long récit.

Voici pour le plaisir des yeux, une incursion dans un passé religieux et social inimaginable de nos jours, quatre photos montrant trois fêtes religieuses vers 1900 à Guémené.

Ces photos sont issus du fonds photographique mis à disposition par J. M. : qu'il en soit remercier à nouveau.

Les trois fêtes sont, d'une part, le pèlerinage annuel à Sainte Anne de Lesssaint, en 1910 ; d'autre part, une communion solennelle en 1889 et, enfin, une Fête-Dieu survenue en 1908.


Le pèlerinage sur la colline de Guénouvry se tient fin juillet, la fête de Sainte Anne tombant le 26 juillet. Les prêtres des trois paroisses de la commune y dirent sans doute la messe : Alexandre Arbeille, curé de Guémené, Jacques Dugast, curé de Guénouvry et Alexandre Rousseau de Beslé.

C'était un grand rassemblement populaire de toute la région, avec messe en plein air et attractions foraines ou commerciales. Les parents de J. M., mon fournisseur des photos, y vendaient par exemple des fruits, à leur époque...

La photo est donc prise sur le versant sud-est du sanctuaire. On y remarque au premier plan des enfants et des personnes "de qualité" : les paysans restent en retrait. Il s'agit probablement d'une photo de famille.

Il y a une "grotte" sur le côté nord de la colline nichant une Sainte-Anne, en contrebas de la chapelle. Les pèlerins (les femmes surtout) y allaient bien sûr faire leurs dévotions à cette brave sainte par le chemin abrupte qui y descend. Il était d'usage que le chemin de retour, le raidillon qui remonte vers la chapelle, soit fait à genoux !

















Voici maintenant une communion solennelle à Guémené en 1889, date à laquelle le curé de Guémené est Joseph Revert, le"bâtisseur" de la monstrueuse église actuelle de Guémené, ses vicaires étant Auguste Hervé et Jean-Baptiste Chotard.

Il est probable que les curés et vicaires de Guénouvry (Jean-Mathurin Birot, Noël Lecarré, Pierre-Marie Pabois et Alexandre-Marie Rochet) ainsi que ceux de Beslé (Nicolas Lescaudron et Pierre-François Lescaudron) aient été de la partie.

Nous sommes dans le bourg, quelque part que je n'ai pas réussi à situer. On y distingue principalement des jeunes communiantes de la génération de ma grand-mère, sensiblement (1895), en aube blanche et voile portant des bannières claires surmontées d'une petite croix.

Quelques femmes et jeunes filles au premier plan en costume du pays sont accompagnées par une femme chapeautée plus "bourgeoise" (elle a un gros nœud sur les fesses). On remarque aussi deux hommes dont l'un porte une bannière de frairie.
















Et le meilleur pour la fin  : deux clichés de la Fête-Dieu de 1908 qui devait tomber le jeudi 18 juin.

La première est prise Place Simon, à côté de l'ancien présidial du XVIème siècle, le Vieux-Logis dont on distingue la tour hexagonale et pointue, à gauche.

La photo révèle le gigantesque reposoir en gradins au sommet duquel est installé un autel. Dans des niches de part et d'autre de l'hôtel et au-dessus, trois statues de saints contemplent l'assemblée.

Sur les gradins et à leurs pieds, des prêtres et des enfants de choeur vêtus des habits rituels. On note aussi quelques petites filles en robe blanche, auréolées d'une couronne de fleurs.

Beaucoup de fleurs autour du reposoir et, en cercle au milieu de la place, on observe une jonchée artistique.

Des guirlandes de fleurs et des étendards flottent au vent. Des hommes et des femmes sont massés au pied des gradins, à droite et à gauche.





















Maintenant la foule des officiants et des badauds s'est ébrouée. La procession a quitté la Place Simon et emprunte la rue de l'Hôtel-de-Ville. 

On distingue l’hôtel du Commerce (le plus gros bâtiment). En face, la mairie avec les étendards, une boulangerie. 

Au loin, au bout de la rue à l'angle de la Place Simon, l'hôtel du Petit-Joseph laisse flotter des étendards à ses fenêtres. A l’arrière-plan, le château massif de la Grée-Bréhaut domine la situation.

Les processionnaires défilent entre deux haies d'arbustes et foulent d'autres jonchées. La foule compacte suit un dais en se protégeant du soleil avec parapluies et ombrelles.


















Eh ben, ça donnait...

dimanche 7 août 2016

Ololê, les Hermines !



Une fois encore, les chapitres des livres d'histoire s'illustrent à Guémené, échantillon du Monde. Le cas présenté aujourd'hui montre, en plus, le double sens des choses : un sens malin : la tentative insidieuse d'embarquer la jeunesse de Bretagne sur les pentes d'une idéologie pernicieuse ; un sens bénin : l'enthousiasme d'enfants à s'engager auprès des autres, à apprendre et à prouver leurs réels talents.


Lors de la Seconde Guerre Mondiale, en Bretagne, des groupes régionalistes, profitant de l'Occupation, s'agitent et tentent en effet d'entraîner une partie de la jeunesse. 


A cet effet, un journal et une organisation inspirée du scoutisme sont mis en place et déploient leur propagande et leurs activités.

A Guémené, une famille (au moins) s'abonne à la publication et deux de ses enfants s'enrôlent dans l’organisation de jeunesse. 


Mais de quoi s'agit-il ? Je condense ci-après un excellent article de Françoise Morvan, éditrice, dramaturge et essayiste.

Le 15 novembre 1940, les Éditions du Léon, propriété des frères Caouissin, situées à Landerneau, publient le premier numéro d'un journal destiné à la jeunesse bretonne : Ololê (
Ohé, en breton).

René Caouissin, membre du mouvement autonomiste Breiz Atao et auteur, en 1938, d’une apologie du groupe terroriste Gwenn ha du, prend la direction de la maison d’édition et Herry Caouissin est rédacteur en chef du journal. Ce dernier fut le secrétaire de l’abbé Perrot, lui-même engagé dans le combat nationaliste. 


Le journal Ololê, dont la devise est Doue ha Breiz (Dieu et Bretagne) se caractérise par un prosélytisme nationaliste et chrétien. Pétainiste, il vise en fait une autonomie de la Bretagne dans le cadre du Reich. Pour cela il s’appuie sur une histoire de la Bretagne présentée comme en lutte, depuis les origines, contre la France.

Il rassemble une équipe impressionnante et tire à trois mille exemplaires (vingt mille pour les numéros spéciaux), chiffre considérable, vu la pénurie de papier. Au nombre des collaborateurs, des illustrateurs de renom : Benjamin Rabier, Félix Jobbé-Duval, Étienne Le Rallic et d'autres, plus ternes, sélectionnés en fonction de leur appartenance idéologique. Une trentaine de collaborateurs au total.

Ololê, de simple publication pour la jeunesse, devient rapidement un outil de propagande politique symbolisé par l’Urz Goanag Breiz (UGB - Ordre de l’Espérance) qui vise à enrégimenter filles et garçons (les premières faisant parties des Hermines, les seconds des Loups).





















C'est une une sorte de scoutisme breton, avec organisation de camps, de tournois en relation avec le Bleun Brug (association militant régionaliste et catholique) de l’abbé Perrot, de concours. 

L'UGB fournit du matériel de propagande sous forme d’écussons, de cartes, de papiers à lettre, de fanions, et prolonge le journal par des éditions militantes.

Avec l’exécution de l’abbé Perrot par la Résistance le 12 décembre 1943, la ligne politique d'Ololê se durcira encore.

Les quatre frères Caouissin, finissent par s’engager dans le Kommando de Landerneau chargé de traquer les maquis et dénoncer les résistants.



Deux jeunes filles de Guémené appartenant à une famille du bourg, disais-je, sont abonnées à Ololê . Je n'imagine pas un instant qu'elles-mêmes (ni leur famille) l'aient fait par engagement politique. 

En septembre 1944, d'ailleurs, l'une d'entre elles composera une rédaction sur le thème du plus beau jour de sa vie où elle évoquera la Libération de Guémené par les Américains. Sans doute, simplement, n'était-ce pas un mauvais journal pour enfant.

Non contentes d'y avoir souscrit, elles sont également impliquées dans la vie de ce journal et dans les activités que suscite cette publication auprès de ses jeunes lecteurs.

Ces jeunes filles sont Marcelle et surtout Michelle Cochetel, filles du sabotier Léandre Cochetel et de Marcelle Marie Naël. Je dis "surtout" parce que si l'on en juge par les traces laissées dans les différents numéros d'Ololé c'est principalement Michelle qui apparaît. La première est née fin 1930, la seconde début 1929.

Ma mère parlait avec respect de cette famille nombreuse : neuf ou dix enfants que les parents élevèrent sans doute avec beaucoup de mérite et dont plusieurs avaient "réussi". 

Elle manifestait aussi une certaine déférence envers la figure de Marcelle Naël qui, selon elle, "savait écrire" et démêler les "papiers". Ma grand-mère, qui longtemps travailla chez la bouchère voisine de la rue de Mirette, avait, semble-t-il, eu l'occasion de solliciter son aide.

Pour moi, c'est le souvenir imprécis d'une visite avec ma grand-mère dans les années 60, et une canne à pêche ainsi qu'une épuisette qui barraient de façon intrigante le mur blanc extérieur de la grosse maison sise à l'angle de la rue de l’Épée et et de la rue de l'Eglise : Léandre Cochetel, le Père Cochetel, était, dit-on, un grand pêcheur.

Au total, les deux jeunes filles sont mentionnées ou apparaissent à quatorze reprises dans les différents numéros de la publication régionaliste.

Ces apparitions sont réparties entre des contributions sous forme de textes ou de dessins ; des annonces de dons en argent dans le cadre de listes publiées par le journal ; des annonces à l'initiative de Michelle concernant un événement personnel ou familial ; des palmarès de divers concours organisés par la publication ; des annonces d'admission dans les scouts de UGB.

Marcelle, alors âgée de onze ans, est mentionnée une première fois parce qu'elle a obtenu un deuxième prix dans le cadre d'un concours de broderie et une seconde fois au titre de son admission comme "Hermine" dans l'Urz Goanag Breiz.










Incidemment, on notera avec intérêt que "Guéméné-Penfao" (sic) ne dépare pas, en matière de "bretonitude", entre Lohuec et Landernau. On remarquera également que notre commune est situé en "L. M.", autrement dit : en "Loire-Maritime"...

Pourquoi pas, après tout : ce nom a failli être celui du département quand, au milieu des années 1950, la question du changement vint sur le tapis. Les élus départementaux en tenaient pour "Atlantique" alors que le Conseil d'Etat souhaitait "Maritime", comme pour la Charente et la Seine.

Le concours d'admission dans l'UGB est, comme l'indique le journal, une épreuve culturelle, permettant de s'assurer d'un minimum d'imprégnation de culture bretonne de la part des impétrants scouts. 

La rédaction d'Ololé précise d'ailleurs que la lecture du journal ainsi que de certains ouvrages publiés par le groupe d'édition, permettent de se mettre à niveau.

L'entrée dans la formation de jeunesse ne s'achète pas (par une cotisation), mais elle se mérite par l'adhésion aux "valeurs" de la Bretagne.















On ne sait comment était organisées pratiquement les épreuves (sans doute un questionnaire à remplir et renvoyer), mais il est amusant de constater que, comme pour le baccalauréat, on peut obtenir une mention. Tel fut le cas de Marcelle ("bien", en l'occurrence), en décembre 1943.






















Voici pour la cadette : c'est donc Michelle, l'aînée, qui se taille la part du lion.

Michelle, comme Marcelle, va faire partie de l'Urz Goanag Breiz et, en novembre 1943, on apprend qu'elle a totalisé 128 points sur 130, acquérant selon le critère du moment, une mention "bien", frôlant le "sans faute" et donc la mention "très bien".






















Michelle est la cheville ouvrière de la relation familiale avec le journal.

C'est d'ailleurs une relation très affective : Ololê, et, au-delà, la communauté qu'il rassemble (les jeunes Bretons) sont des amis à qui on peut confier ses oeuvres, mais également des nouvelles personnelles. L'implication de Michelle Cochetel se traduit par des classements récurrents lors des épreuves lancées par le journal.

Sur le premier volet, voici par exemple l'annonce de la naissance d'une petite sœur, le 13 octobre 1943, dans la déjà grande famille. Michelle fait connaître la bonne nouvelle au journal et y exprime son enthousiasme à l'arrivée de ce neuvième rejeton Cochetel en cette période de guerre et de pénurie. 

Même si neuf enfants c'est déjà une fratrie plus que conséquente, la jeune fille envisage la suite et plaisante : "...belle famille n'est-ce pas ? avec une rallonge à la table, en se serrant, bien que la maison soit petite, nous trouverons bien une place pour la nouvelle pouponne et même pour d'autres."

Evidemment, le journal, en pleine France sous influence nataliste, catholique et maréchaliste, se rengorge et ne peut s'empêcher d'en rajouter une couche : "Avec de si beaux foyers la Bretagne peut envisager l'avenir avec confiance car ils sont son Espérance". On dirait un bout de sermon ou un passage des Évangiles.


















Michelle apparaît également à deux reprises, dans des listes de donateurs.

Une première fois il s'agit d'un appel à fonds du journal auprès de ses lecteurs, sous le haut patronage de Saint Yves.

Visiblement en difficulté financière, la publication honore ses bienfaiteurs. La jeune guémenoise y est signalée pour 10 francs, une somme équivalant à 2 euros 30 de nos jours, mais qui n'est pas ridicule.

On observera par ailleurs avec quelle légèreté d'âme la rédaction d'Ololê tape ses (jeunes) lecteurs.






















Une autre occasion s'offre à Michelle Cochetel d'apparaître dans le cadre d'un appel à générosité. Ololê récolte en effet de l'argent pour les sinistrés de Saint-Nazaire. Ceux-ci sont présentés comme des "Ololéiz".

Cette collecte est nommée "l'écot de la guerre" (skoden ar brezel) et survient suite aux terribles événements de fin février 1943 où trois cents quadrimoteurs américains larguèrent pendant plus de deux heures des bombes explosives et incendiaires sur la ville, créant six cents foyers d’incendies et détruisant près de la moitié de la cité. On peut imaginer l'émoi dans la région.

Michelle Cochetel est portée dans ce qui est donné comme la quatrième liste de donateurs pour 15 francs (3 euros 50), à côté d'autres individuels mais aussi d'écoles, ce qui montre le niveau important de solidarité qu'a entraîné ce désastre.






















L'engagement de Michelle dans Ololê tient beaucoup aussi à ses talents d'écriture et de dessin, parfois mêlés d'ailleurs.

Cela se traduit indirectement par l'apparition du nom de la jeune fille dans des classements de concours.

Voici pour commencer un 10ème prix gagné en juin 1941 au concours de contes, obtenu pour un texte autour de la légende du moulin de Guérande.

Il s'agit d'un conte édifiant où un meunier pauvre mais malin passe un pacte avec le Diable mais, à la fin, le roule. Pour prix de son son âme, Satan lui bâtit un moulin, mais au moment où il va poser la dernière pierre, le meunier y substitue une statue de la Vierge, qui fait fuir le Démon...

Pour ce récit, Michelle gagna un très beau livre (aujourd'hui recherché) : La jeunesse bretonne sur les pas de ses saints, ouvrage de Marthe Le Berre, avec des bois gravés de Xavier de Langlais, artiste et militant breton.






















En septembre 1942, Michelle remporte également le premier prix de "la lettre d'Ololê à sa Maman", catégorie texte en français.

On retrouve en octobre 1942 Xavier de Langlais dans un jury où figure aussi le peintre et graveur Xavier Haas, réuni pour départager des oeuvres graphiques ayant pour thème "Cinq sujets de la vie de Jean V". Michelle y remporte le 2ème prix parmi ceux qui ont effectivement traités cinq sujets.

Ce duc de Bretagne qui naquit à la fin du XIVème siècle et régna une quarantaine d'année joua un jeu de balancier entre Français et Anglais durant la Guerre de cent Ans. Au bout du compte, il étendit sensiblement le domaine ducal de Bretagne. De quoi inspirer...






















En septembre 1941, Ololê publie un premier dessin de Michelle Cochetel. Il représente la Fée Carabosse, sous les traits d'une pauvresse en bonnet pointu et sabots, le menton en galoche, brandissant un bâton vers des petits lutins qui la narguent. 

Le texte d'une chanson, présentée comme faisant partie du folklore de Guémené, accompagne le dessin publié dans le rubrique "le Coin des humoristes".






















Six mois plus tard, en mars 1942, c'est un autre dessin que publie le journal, visiblement ému par l’enthousiasme de la jeune fille à la réception de l'édition de Pâques qui était en couleur.

Le légende du dessin est : "le cadeau des cloches, le plus beau de tous : l'Ololê de Pâques !...".

On y voit, dans une cour pavée, un grand garçon à béret entouré d'enfants plus jeunes, filles et garçons, brandir l'exemplaire tant prisé.

Voici le mot d'accompagnement envoyé par Michelle : "Cher OLOLE, Je tiens à t'envoyer mes félicitations pour ton numéro en couleurs, en même temps qu'un petit dessin qui je l'espère t'agréera, car j'y ai mis tout mon coeur. Que tu étais bien beau quand je t'ai reçu ce matin ! Dommage que tu ne sois pas de même chaque semaine...Cela viendra peut-être un jour !... Dans cet espoir je te dis toute mon amitié, cher OLOLE. Michelle Cochetel."






















Quelques mois plus tard encore, en août 1942, Michelle envoie une autre contribution personnelle dans le cadre du soutien au journal. Il s'agit d'un dessin accompagné d'un poème.

Michelle a composé une allégorie du sauvetage du journal assimilé à une embarcation en péril. De jeunes enfants au bord de la mer hisse avec une corde la barque vers la grève. Au premier plan à droite, d'autres enfants prient Saint Anne qui a mis la main à ce sauvetage (Saint Yves aussi d'ailleurs).

Le poème comprend sept strophes de quatre vers. Chacun de ces quatrains contient deux vers de sept pieds et deux vers de quatre pieds.

Il raconte l'histoire de la mobilisation des enfants d'Ololê qui touche les deux saints qui intercèdent auprès de Dieu pour que la tempête (financière) cesse. A la fin tout est à nouveau pour le mieux.






















En mai 1943, un nouveau dessin de Michelle vient illustrer la fête des Mamans. Une petite fille se blottit contre sa jeune et belle maman, assise, qui porte un autre enfant plus petit, à qui elle offre des fleurs. 

Derrière la jeune femme, debout, portant gilet, béret et sabots, le jeune Papa étend une main bienveillante sur l'épaule de la maman. A gauche, un garçon assez grand s'apprête à remettre un cadeau (un poème ?) à la brave mère de famille.

Un quatrain agrémente également ce dessin :

Maman, prend ce bouquet de fleurs sauvages
C'est aujourd'hui la fête des mamans
Et puisque tous nous avons été sages
Embrasse-nous au front bien tendrement.






















Enfin pour terminer, dans la rubrique "les échos d'Ololê," en janvier 1944, on apprend que Michelle Cochetel, de Guémené-Penfao : "est heureuse de nous faire part de son succès à un concours de dessin organisé par l'Enseignement Secondaire et technique qui a donné à la lauréate une prime de 1.000 fr."














Sans doute Michelle et Marcelle auraient pu continuer à alimenter de leurs talents le journal. Mais la Libération approchant, Ololê n'avait plus beaucoup de temps à vivre et il disparut après son 132ème numéro, le 28 mai 1944, quelques jours avant le Débarquement en Normandie.

Michelle Cochetel écrira plus tard deux romans.

Voilà comment l'Histoire passe à Guémené.

lundi 1 août 2016

Roméo Plantard et Juliette Roussel


Voici une triste histoire qui a pour cadre notre bon vieux Guémené du milieu du XIXè siècle, un Guémené rural, relativement opulent par rapport au reste du canton, mais un Guémené où pèsent les vieilles croyances et où le contrôle social se fait sentir lourdement.

Louis-Napoléon Bonaparte est Président de la IIè République, Fidèle Simon est maire de Guémené, comme d'habitude.

Cette affaire d'infanticide permet une plongée tout à fait vivante et pleine d'émotions au coeur de cette époque lointaine, au coeur de ce cadre géographique à la fois si identique et si différent désormais.



René Plantard naît en 1811 à Beslé-sur-Vilaine, section septentrionale de Guémené, au hameau de Méauduc. Il appartient à une famille de cultivateurs, à l'instar de sa future épouse, Françoise Houillier qui vient du même village où elle est née un an plus tard.

Les épousailles ont lieu le 30 août 1840. Le couple va exploiter une ferme à Richebourg, village tout près du bourg de Beslé, au bord de la route de Pierric.



Le jeune couple est plutôt à l'aise. Bientôt leur viennent deux enfants, deux fils : François, en 1841, René, deux ans plus tard. Hélas, Françoise Houllier décède le 15 octobre 1846.

La vie doit continuer cependant : s'occuper des champs, s'occuper des petits. René Plantard décide d'embaucher une domestique.

Quand Mélanie Roussel se présente en 1847, elle a 26 ans environ.

Elle semble donner toute satisfaction à la maisonnée qui comprend également deux autres personnes pour les cultures. Et le temps passe, comme si de rien n'était.

Au bout de trois ans de services, René, cultivateur aisé, se fait entreprenant auprès de sa jeune domestique qui finit par céder "aux obsessions de son maître". De fil en aiguille, "les voilà comme mari et femme".

Et malgré ses "habitudes calmes et tranquilles", René Plantard passe dans le pays pour entretenir effectivement des relations intimes avec sa domestique. Mais personne n'y redit, toujours pas devant les intéressés.

A la Toussaint 1850, Mélanie se trouvant "malade", se rendit chez M. Fortin médecin à Guémené (né à Cherrueix en 1809, mort à Guémené en 1876), d'après le conseil de son maître. Elle y retournera deux autres fois. Enfin, le 2 avril 1851, M. Fortin, qui avait des doutes, voulut lui palper le ventre et sentit les pulsations de l'enfant qu'elle portait.

En réalité, dès qu’il avait appris la grossesse de sa domestique, René Plantard l’avait adressée au médecin, qui avait accepté à plusieurs reprises de la saigner et de lui poser des sangsues. Mais ces "soins" n’avaient pas suffi à faire reparaître les menstrues.

Constatant finalement la grossesse, le médecin donna le conseil à Mélanie Roussel de prévenir son séducteur de se hâter de l'épouser, ajoutant : " Si par un motif ou par un autre cet homme refusait de vous épouser, gardez-vous de porter une main criminelle sur votre enfant nouveau-né, ou de faire des tentatives pour un avortement ; car la justice découvrirait la vérité. "

Les yeux de Mélanie se remplirent de larmes et elle sortit de chez M. Fortin en s'écriant : " Certainement, non, que je ne lui fera pas de mal. "

Les bonnes intentions dont elle s'était récriée au sortir de chez le médecin l'abandonnèrent quand elle se retrouva seule avec son maître René Plantard. Celui-ci l'exhorta à avorter en lui faisant des promesses pour "après". Et bien sûr, sous son emprise, elle céda à son maître.

Commença alors le calvaire que lui imposa René Plantard. A partir de celle époque, avril 1851, René Plantard essaya en effet sur elle divers moyens bizarres pour provoquer l'avortement. Mais laissons parler la pauvre fille :

Il me dit qu’il fallait détruire cet enfant-là, qu’il ne fallait pas avoir honte de le faire avant le mariage et lorsque j’en serais débarrassée, je me marierai avec lui.

Il me proposa et il me fit exécuter divers moyens qu’on lui avait indiqués pour me débarrasser de l’enfant que je portais, il m’a fait souffrir très cruellement.

Ainsi il profitait du moment où les deux autres ménages qui habitent près de nous étaient aux champs, il me faisait m’appuyer contre un mur et là il me donnait des coups de genoux violents dans le ventre, il me faisait mal, je criais, alors il me disait qu’il allait suspendre son opération pour la reprendre plus tard...

D’autres fois quand j’étais dans mon lit, il étreignait mon ventre avec ses mains à me faire crier par les souffrances que j’endurais, mais il me défendait de crier bien haut. Il me donnait encore souvent des coups de genoux dans le ventre dans le même but.

D’autres fois Plantard se servait d’une planche longue, il me faisait appuyer le ventre dessus, il secouait ensuite la planche de manière à me faire retomber lourdement et moi dessus, de manière à me faire avorter.

D’autres fois, il me faisait monter dans son grenier où il y avait une échelle, il me faisait suspendre par les bras à cette échelle, il venait ensuite par derrière, mais me prenant par le ventre, il m’étreignait fortement de manière à me faire crier.
Plusieurs fois encore il m’apportait des pains brûlants de douze livres qui sortaient du four et il me faisait les mettre sur le ventre, quand je ne pouvais pas les supporter à nue, il me les appliquait par-dessus ma chemise."

D'après le témoignage d'un avocat qui rédigea un ouvrage peu de temps après, d'autres sévices furent imposés à deux reprises à la jeune femme :

"Il y a environ huit ans, nous entendions révéler, devant la cour d’assises de la Loire-Inférieure, les tristes expédients employés par un paysan qui avait séduit sa servante et qui voulait la faire avorter : cet homme, monté sur un vigoureux cheval, sur lequel il prenait sa domestique, partait au galop à travers champs, et lançait à terre cette malheureuse au plus fort de la course."

Mais ce n'est pas fini.

Un nommé Launay, journalier de ses amis, avait découvert à René Plantard les propriétés soit-disant abortive de la sabine (une sorte de genévrier : il s'agit d'une plante hautement toxique du fait de ses huiles essentielles, dont le pyrogallol qui bloque complètement le circuit intestinal : les animaux qui en ont consommé meurent rapidement...).

Launay lui en avait fait voir un plant dans le jardin de M. Hervé de Beaulieu, nobliau adjoint au maire de Guémené, habitant un château sur les hauteurs de Beslé. Plantard alla en chercher la nuit et il en fit prendre une infusion à Mélanie. Mais ce breuvage ne produisit pas encore l'effet qu'il en attendait. Ni aucun autre apparemment....

C'est au milieu de tous ces supplices que Mélanie Roussel, dont la constitution était à l'évidence très robuste, accoucha le 30 mai 1851, vers le coucher du soleil.

René Plantard était présent ; il revenait de garder ses bestiaux. D'après ses dires, Mélanie se penchait pour satisfaire un besoin. Elle était près de la porte ; le cordon ombilical cassa ; elle entendit son enfant crier ; mais ses forces l'abandonnant elle n'eut que le temps de gagner son lit.

Elle laissa son enfant entre les mains de René Plantard ; celui-ci l'enveloppa tout vivant dans une jupe de la mère sans lier le cordon et il le porta dans un tonneau plein de cendre dans son fournil.

Peu avant le lever du soleil, Plantard se leva, ficela la jupe qui recouvrait l'enfant, après avoir pris la précaution d'y attacher de chaque côté une pierre, afin de faire tomber au fond de l'eau le paquet.

Il partit, et, en rentrant, il dit à Mélanie. " J'ai jeté l'enfant dans la rivière, au dessous du manoir de la Trouanière, mais j'ai eu peur du démon; je ne l'ai pas jeté assez loin ; cependant nous n'avons à craindre que les pêcheurs à la herse."

Cette pêche consiste à ratisser, avec une herse tirée par un animal de trait, les fonds peu profonds pour y déloger les poissons qui sont ensuite ramassés à la main.

Malheureusement pour René Plantard, le niveau de la rivière baissa d'une trentaine de centimètres (un pied), ce qui permit à des pêcheurs à la ligne de voir et d'attirer sur le rivage le paquet en question qui n'avait pas été jusqu'au fond de l'eau parce qu'il avait été retenu par des joncs assez fournis dans cet endroit.

C'était le 4 juin, soit cinq jours après l'accouchement, sur les bords de la Vilaine, près le manoir de la Trouanière, sur le territoire de la commune de Guéméné. Pressentant une affaire de mauvaise augure, les pêcheurs alertent les autorités qui à leur tour préviennent la justice.

Les magistrats se transportèrent sur les lieux. Le paquet fut retiré de l'eau en leur présence ; on l'ouvrit, après avoir coupé la ficelle, et l'on reconnut que dans cette jupe était enveloppé le cadavre d'un nouveau-né, de sexe masculin, qui, à en juger par la conformation de ses diverses parties, et surtout par son volume, paraissait être né du huitième au neuvième mois.

La précaution qu'on avait prise de ficeler la jupe qui enveloppait l'enfant, après avoir placé de chaque côté une pierre qui devait l'empêcher de surnager, faisait voir assez qu'un crime avait été commis, et que la main qui s'en était rendue coupable, avait voulu ensevelir au fond des eaux la preuve de son forfait et en rendre à jamais la découverte possible.

Il exhalait une odeur de putréfaction très avancée et présentait sur plusieurs points une teinte livide, verdâtre; sur plusieurs points aussi l'épiderme était détaché. En promenant la main sur les différentes régions du corps, on sentait presque partout un mouvement de crépitation occasionné par la présence du gaz produit de la décomposition.

Aucune trace de blessure n'apparaissait à l'extérieur ; le nez était aplati, les os de la tête chevauchaient fortement les uns sur les autres ; toutes ces remarques qui furent faites par les deux médecins qui procédèrent à l'autopsie du cadavre de cet enfant, démontrèrent que ce cadavre avait séjourné dans l'eau pendant un certain temps.

Ils remarquèrent sur la partie antérieure latérale droite du cou une coloration violacée; toutefois cette teinte était peu prononcée, et la décomposition avait atteint un degré trop avancé pour leur permettre d'affirmer que c'était là plutôt le résultat d'une violence que d'un effet cadavérique. L'opération à laquelle se sont livrés les deux médecin leur a démontré que cet enfant, né viable et bien conformé, avait respiré et vécu.

D'après la conviction des médecins, l'enfant avait dû être placé vivant dans la jupe où il a été trouvé; on ne lui avait pas lié le cordon ombilical, et il est très probable que la mort de l'enfant a été causée par le double effet de l'hémorragie ombilicale et de l'asphyxie. Ainsi, nul doute qu'un infanticide ait été commis sur l'enfant.

Quoi qu'il en soit, Mélanie ni son maître n'avaient parlé à personne de la grossesse, ni de l'accouchement. Néanmoins, depuis un certain temps déjà, on jasait à Beslé sur le compte de Mélanie Roussel : plusieurs femmes étaient venues la voir et n'avaient pas manquer de remarquer que son ventre et ses seins grossissaient. De plus, cette fille n'allait pas à l'église depuis un certain temps, et ses jambes étaient enflées.

Quand Mélanie Roussel apprit qu'un enfant nouveau -né, enveloppé dans une jupe, avait été découvert sur les bords de la Vilaine, elle se montra préoccupée . Elle demanda ainsi à la femme Plédel, une voisine, qui causait avec elle de ce bruit, s'il était possible aux médecins, lorsqu'il y avait un certain temps qu'une femme était accouchée, de découvrir les traces d'un accouchement. Elle était inquiète...

Pendant ce temps là, l'instruction se mit à faire ses recherches pour découvrir la mère de l'enfant assassiné et les auteurs de cet attentat. La rumeur publique, évidemment, signala bientôt, comme mère de cet enfant, la fille Mélanie Roussel, qui servait comme domestique depuis quatre ans environ chez René Plantard.

Des femmes du bourg de Beslé trouvèrent naturellement à alimenter leur dénonciation, car lors de la messe dominicale, elles avaient bien remarqué l’épaississement de la taille de Mélanie Roussel : " Un des dimanches qui ont précédé Carnaval, sans que je puisse préciser, j’étais à la messe, la fille Mélanie Roussel y était, lorsqu’elle s’est mise à genou, j’ai trouvé que son ventre et ses seins avaient "grassés", je pensai en moi-même qu’elle était enceinte ", déclara par exemple Perrine Percevault, 51 ans, journalière du voisinage.

Très vite Mélanie Roussel, désignée par la bonne conscience de ses voisines, fut interrogée par la justice. Elle nia énergiquement sa grossesse et son accouchement et elle maintint encore ses dénégations après la visite faite par deux médecins, venus d'après l'ordre du magistrat instructeur.

Mais ces dénégations n'emportent pas la conviction des magistrats et les gendarmes "emballent" la pauvre fille pour la conduire à la caserne de Guémené. De Beslé à Guémené, il y a plusieurs kilomètres à travers la campagne quasi déserte, mais au bourg de Guémené, ce n'est plus la même histoire. Le juge d'instruction raconte cette arrivée infamante où les commères du cru leur ont fait cortège :

" Nous l’avons fait monter dans notre voiture et nous l’avons reconduite jusqu’à Guémené où elle a passé sous les regards d’un grand nombre de femmes de l’endroit qui l’ont accompagnée jusqu’à la caserne de la gendarmerie où nous l’avons déposée. En arrivant à la caserne, cette fille s’est mise à pleurer et à fondre en larmes."

Pour finir cet épisode, Mélanie Roussel fut déposée dans la chambre de sûreté de la caserne de Guémené, en larmes et elle fit bientôt des aveux complets, réitérés dans l'instruction en présence de René Plantard.

De son côté, René Plantard opposait les mêmes dénégations sur ses rapports avec sa domestique. Il prétendit qu'il n'avait eu connaissance ni de sa grossesse, ni de l'accouchement.

Le magistrat instructeur lui fit entrevoir les charges graves qui s'élevaient contre lui. Ce fut sans doute là le motif qui détermina René Plantard à prendre la fuite, lorsqu'il était conduit au bourg de Guémené pour être interrogé, non sans avoir pris la précaution de se munir d’une somme d’argent assez importante.

Il erra pendant deux mois, n’osant s’éloigner de sa famille et de ses terres. Il justifiera ultérieurement cette évasion :

"J’ai fui parce que je voulais aller prévenir mes parents de mon arrestation et m’entendre avec eux pour la gestion de mon bien et la garde de mes enfants. Je comptais me constituer prisonnier le lendemain, mais je n’ai pas pu parler à mes parents parce que j’avais peur d’être pris par les gendarmes, c’est ce qui fait que je suis resté si longtemps à vagabonder dans le bois où je m’étais réfugié dans les champs environnants, et du côté de Fougerais (Grand-Fougeray)."

Plus tard, il se constitua prisonnier :

" Dimanche dernier, je me suis rendu chez Monsieur de Beaulieu, adjoint de Guémené, avec deux témoins, et je lui ai déclaré que je venais me constituer prisonnier. M. de Beaulieu m’a donné une lettre pour me rendre ici."

C'est par la crainte du déshonneur que l’adjoint au maire de Guémené pour Beslé, Édouard Hervé de Beaulieu, 46 ans, propriétaire, qui a rencontré René Plantard au cours de sa fuite et ne l’a pas dénoncé, explique l’évasion de Plantard :

" [Il] me dit que l’idée de prendre la fuite ne lui était venue qu’en chemin et que c’était la honte d’être conduit par des gendarmes aux su et vu de toute sa famille, dans son pays, qui l’y avait décidé."

C'est encore une autre explication.



Finalement le procès des deux amants eut lieu devant la Cour d'Assises de la Loire-Inférieure, lors de deux audiences, les 12 et 13 septembre 1851 (la justice est plutôt rapide, à cette époque).

C'est le Président Lemeur, conseiller à la Cour d'appel de Rennes qui conduit les débats.

L'accusation est soutenue par M. Dubeux procureur de la République.

La défense de René Plantard a été présentée par Me Anthyme Ménard, et celle de Mélanie Roussel par Me Berthaud.



Apparemment pas grand-chose à dire, sinon que la défense de René Plantard ne fit pas grand effet. Il avait eu pourtant le temps le temps, pendant qu'il était en fuite, de la méditer et de prendre des conseils.

Il prétendit ainsi qu'il n'avait connu la grossesse de Mélanie que le mercredi qui précéda l'accouchement de celle-ci. Il soutint aussi qu'il n'était pas présent à l'accouchement de Mélanie, que celle-ci lui en fit confidence le soir.

Il avoua qu'il avait certes eu des rapports avec sa domestique, et qu'il avait eu aussi la faiblesse de l'accompagner la nuit, lorsque celle-ci est allée jeter l'enfant dans la rivière... Bref, que du courage...

Après le résumé de l'affaire du Président Lemeur, le jury entra dans la chambre des délibérations. Il en rapporta un verdict d'acquittement pour Mélanie Roussel et une déclaration de culpabilité en ce qui concerne René Plantard, mais avec circonstances atténuantes (on se demande bien lesquelles !)

En conséquence, ce dernier fut condamné à quinze années de travaux forcés, et à la "surveillance de la haute police" pendant toute sa vie, ce qui revenait à lui demander, à sa sortie du bagne, une caution ou à le cantonner dans un lieu qui n'était pas de son choix (en cas de dérogation aux règles, risque d'incarcération à vie).

Il y a donc une morale. Mais ce jugement n'est pas étonnant en ce qui concerne l’acquittement de Mélanie Roussel, car il ne faut pas oublier que le jury était composé d'hommes, plutôt des petits bourgeois ou des agriculteurs aisés, brefs une sociologie qui appréciait les amours ancillaires.

Ces braves gens étaient donc enclins à la compréhension envers les pauvres filles qu'il leur arrivait de lutiner également...

J'ai regardé, à tout hasard, si l'on avait inhumé un nouveau-né, un Plantard ou un Roussel, ou même un "anonyme", à Guémené, cette année-là. Non. Sans doute les restes de cet objet d'autopsie ont-ils fini on ne sait où du côté de Saint-Nazaire ou d'ailleurs...C'est ça la vraie injustice.


Je fournis ci-après une référence bibliographique disponible sur Internet :


TILLIER, Annick. Des criminelles au village : Femmes infanticides en Bretagne (1825-1865). Nouvelle édition [en ligne]. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2001 (généré le 31 juillet 2016). Disponible sur Internet : . ISBN : 9782753524743.